« La dernière grande Dame de l’Ecole Soviétique » écrit un journaliste français, et un critique espagnol la qualifie d’anti-diva. Ils ont raison tous les deux.
Depuis plusieurs dizaines d’années, Elisabeth Leonskaja compte parmi les pianistes les plus fêtés de notre époque. Dans un monde dominé par les médias, Elisabeth Leonskaja reste fidèle à elle-même et à la musique. Sa modestie quasi légendaire accentue encore sa timidité face aux médias. Mais dès qu’elle entre en scène, on sent la force qu’elle tire de son dévouement pour la musique. Née d’une famille russe à Tbilissi en Géorgie, elle donna ses premiers concerts à l’âge de 11 ans. Son talent peu commun lui ouvrit les portes du Conservatoire de Moscou. Alors qu’elle y était encore étudiante, elle gagna des prix aux concours internationaux de renom : Enesco, Marguerite Long et Reine Elisabeth.
L’évolution musicale d’Elisabeth Leonskaja a été marquée par sa coopération avec Sviatoslav Richter. Ce pianiste de génie a assuré la promotion de son exceptionnel talent non seulement par des leçons et des conseils, mais également en l’invitant à jouer en duo avec lui dans plusieurs concerts. En 1978, Elisabeth Leonskaja quitta l’Union Soviétique pour s’établir à Vienne. Son remarquable concert au Festival de Salzbourg en 1979 a marqué le début de sa carrière concertante dans les pays de l’ouest.
Elisabeth Leonskaja a joué en soliste avec pratiquement tous les orchestres de premier plan comme les New York, Los Angeles, London and Royal Philharmonic Orchestras, Cleveland, Tonhalle Zurich, Philharmonique de Berlin, Gewandhaus Leipzig, les orchestres de radio BBC, Hambourg, Cologne et Munich sous la direction des grands chefs comme Kurt Masur, Sir Colin Davis, Christoph Eschenbach, Christoph von Dohnany, Kurt Sanderling, Maris Jansons et Yuri Temirkanov. Elisabeth Leonskaja est régulièrement l’hôte fort appréciée des principaux festivals comme ceux de Salzbourg, Vienne, Lucerne, Schleswig-Holstein, Schwarzenberg, mais aussi des soirées pianistiques dans les grandes métropoles de la musique comme Paris, Madrid, Barcelone, Londres, Edimbourg, Moscou, Munich, Zurich ou Vienne. Une part importante de son travail elle consacre à la musique de chambre. Une discographie considérable témoigne du haut niveau artistique de cette pianiste. Un cycle des Sonates de Schubert vient de paraître sous le label berlinois eaSonus.
« Le chemin de Leonskaja est un chemin de cimes. Par le dépassement de soi, l’exigence, la passion et l’intelligence, elle se place au rang des plus grands, non seulement d’aujourd’hui mais de l’époque : au rang d’une Clara Haskil ou d’un Lipatti, la modernité en plus ». André Boucourechliev - Diapason